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CLEMENTINE CELARIE RECOMPENSE POUR SON ROLE DANS J'AI PEUR D'OUBLIER

J'AI PEUR D'OUBLIER  sur France 2 le mercredi 21 septembre a 20h35.
La mémoire comme une poignée de sable qui file entre les doigts. Fabienne, énergique quadragénaire, est atteinte d’un Alzheimer précoce, de plus en plus difficile à vivre. Certains jours, elle va attendre sa fille de 17 ans à la sortie de… l’école primaire. D’autres, elle prépare ses croquettes à un chien mort depuis des années…
Le jour de ses 45 ans, elle fugue, une boîte de barbituriques dans son sac. Son traitement ? « Non, ma porte de sortie. J’ai toujours aimé quitter les fêtes avant que ça dégénère », répond-elle à Paul, voleur à la petite semaine, qu’elle rencontre au supermarché, où elle vient – involontairement – de dérober une paire de baskets.
La maladie d’Alzheimer a déjà fait l’objet de plusieurs jolis films (Se souvenir des belles choses  et N’oublie jamais au cinéma, Des mots d’amour à la télévision).
Toute l’originalité de J’ai peur d’oublier , téléfilm réalisé par Élisabeth Rappeneau à partir du poignant témoignage de Fabienne Piel (2), vient de son parti pris scénaristique, à mi-chemin entre le mélo et le thriller au suspense prenant.

Un sujet abordé avec sensibilité, intelligence et pudeur

Paul va-t-il profiter de la vulnérabilité de cette femme ? Cette rencontre providentielle n’offre-t-elle pas à ce « sale type », comme il se définit lui-même, une possible rédemption ? De son côté, Fabienne est-elle aussi fragile qu’on le pense ?
La peur de l’avenir, la détresse des proches, notamment celle des enfants déchirés entre la pitié et la colère contre cette mère qui perd la tête, sont abordées avec sensibilité et intelligence.
« Au-delà d’Alzheimer, ce road-movie entend faire réfléchir sur le regard que l’on porte sur la différence », explique le producteur Jean Benoît Gillig, qui chercha à « éviter tout pathos et misérabilisme, en inscrivant l’histoire dans la vie et non dans la dégénérescence ».

Une approche humaine

La justesse d’interprétation des comédiens – Daniel Russo, tout en ambiguïtés, et Clémentine Célarié, solaire et touchante à la fois, qui mérite amplement le prix d’interprétation glané au dernier Festival de la fiction TV de La Rochelle – contribue pour beaucoup à la qualité du film.
La même pudeur guide Alzheimer, la course contre la montre  de Pierre-Olivier François et Pierre Bourgeois, programmé jeudi à 23 h 35. Fruit de quatre années de travail, ce documentaire suit des chercheurs et des patients engagés dans l’essai thérapeutique d’un médicament, censé endiguer la maladie à ses prémices.
Tout en privilégiant une approche humaine, cette remarquable enquête éclaire les enjeux sociaux et financiers de la recherche effrénée d’un traitement, attendu par près de 900 000 Français.
(1) Diffusés sur France 2 mercredi et jeudi.
(2) J’ai peur d’oublier, publié chez Michel Lafon en 2009.
CÉCILE JAURÈS

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