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PARKINSON, LA DEUXIEME VIE comme quoi avoir la maladie de Parkinson n est pas toujours négatif

                                                                                   NÎMES : La deuxième vie de Pierre Andrieu  
 Un jour, son pas s’est rétréci, ses mains se sont mises à trembler. Le diagnostic est tombé. Irréversible. Maladie de Parkinson. Le visage de Pierre Andrieu s’est figé. Son corps s’est refermé emprisonnant sa vie d’hyperactif...
Dix ans plus tard, aujourd’hui, Pierre Andrieu propose deux expositions de peinture, écrit des poèmes tous les jours et les flèches que son son arc décoche - il est adhérent du club local - ne manquent pas la zone jaune de la cible. Ce Parkinsonien est à nouveau un homme debout. Un malade qui refuse de subir.

"Il y a bien sûr l’effet positif des traitements médicaux, mais les arts, la peinture, et l’écriture me transcendent. Créer me donne envie de vivre !", explique cet homme qui ne tremble plus et qui, en deux ans, a signé quelque 400 œuvres. Pas seulement des toiles, car son envie de colorer le monde s’applique à de multiples supports, tels des cartons de pizza ou des cailloux de la garrigue. Ce besoin de peindre comme il respire ne date pas de la dégénérescence de ses cellules nerveuses. Déjà au temps de l’adolescence, à Béziers, auprès de Baeur, Astre et de Gineste qui créa le cerclisme, Pierre Andrieu portait une Vision sur les arts qu’il imprima dans la revue éponyme.


Artiste en devenir, il n avait jamais sauté le pas
’C'est en acceptant de dire “je suis Parkinsonien“ que je me suis désinhibé. Avec l’envie de prendre une revanche, d’extérioriser, d’exprimer tout ce que cette maladie était en train d’étouffer, d’enfouir."
Alors, il peint. Des messages personnels. Des tranches de vie. Des gens qu’il aime. Des paysages. Des sujets sévères d’inspiration industrielle. Quand le figuratif le lasse, il épouse la théorie support-surface, se joue des cercles et des silhouettes... Les tons de sa palette (excessivement toniques ou sinistres) s’opposent au gré des soubresauts de la maladie. Mais ses tableaux sont rythmés. "J’aime la musique. À l’occasion, je taquine l’harmonica, sourit Pierre Andrieu qui fait aussi chanter les mots, en écrivant des poèmes. La nuit, j’écris mes mémoires, en imaginant parfois des périodes que je n’ai pas connues...".
Ses enfants qui, à travers cette frénésie d’expressions, redécouvrent leur père, pourraient publier ce travail. Pierre Andrieu n’y pense pas. Hostile à tout ce qui briderait sa spontanéité, il vit passionnément, et reste intellectuellement disponible. Sûr de son fait : "La véritable évasion est esthétique." À vérifier aux cimaises.







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