Touchant entre 1 et 4 % des personnes de plus de 80 ans, la
maladie de Parkinson représente l’affection neurodégénérative la
plus fréquente, après la maladie d’Alzheimer. Bien qu’elle soit
caractérisée par des signes moteurs, les symptômes perturbant le
plus la vie des patients et de leur entourage sont d’ordre
psychologique, en particulier des troubles dépressifs : le quart
des sujets atteints d’une maladie de Parkinson souffrent en effet
d’une dépression sévère et la
moitié présentent une « dépression cliniquement
importante. »
Dans la mesure où elle précède souvent la survenue de l’invalidité physique, rappelle l’éditorialiste de The American Journal of Psychiatry, cette dépression associée à la maladie de Parkinson ne semble donc pas simplement réactionnelle à la problématique motrice. Et les stratégies thérapeutiques contre la dépression sans maladie de Parkinson associée ne sont guère transposables pour les déprimés parkinsoniens, notamment car les déficits cognitifs présents chez une proportion significative de patients viennent compliquer la pratique des psychothérapies.
Traiter cet état dépressif presque consubstantiel à la maladie de Parkinson demeure cependant un défi important, afin d’améliorer la qualité de vie du patient et l’incidence psychologique de son handicap. Mais les rares études contrôlées sur le traitement de la dépression associée à une maladie de Parkinson « mettent surtout l’accent sur la pharmacothérapie », et délaissent les tentatives d’approche psycho thérapeutique.
L’auteur commente une nouvelle étude [1] constituant à ce jour « probablement le plus vaste essai contrôlé » sur ce thème, afin d’évaluer l’efficacité d’une TCC (thérapie cognitivo-comportementaliste, ou CBT : cognitive-behavioral therapy) « spécialement adaptée » à la dépression du sujet parkinsonien. Réalisée par une équipe de l’université de médecine du New Jersey (États-Unis) entre 2007 et 2010, et portant sur 80 patients âgés de 35 à 85 ans, en excluant les sujets suicidaires ou déments, cette enquête confirme l’efficacité de la TCC « adaptée aux besoins spécifiques du parkinsonien et délivrée durant dix semaines. » Ces résultats s’appuient sur l’observation de changements favorables à l’échelle de dépression d’Hamilton et aux scores de celle de Beck. En particulier, plus de la moitié des patients traités par TCC (56 %) « ont répondu favorablement à cette psychothérapie » (contre seulement 8 % dans le groupe contrôle) et cette amélioration –visible non seulement sur les troubles dépressifs mais aussi sur les symptômes de la maladie de Parkinson– s’est « maintenue quatre semaines » (après l’arrêt de la TCC). Pour l’auteur, cette étude constitue donc « une étape importante » dans le traitement des troubles dépressifs chez les parkinsoniens, et elle devrait contribuer à « encourager les nouvelles options thérapeutiques » proposées aux patients atteints d’une maladie de Parkinson.
[1] Dobkin RD & al. : ‘‘Cognitive-behavioral therapy for depression in Parkinson’s disease: a randomized, controlled trial’’ Am J Psychiatry 2011; 168:1066–1074.
Dans la mesure où elle précède souvent la survenue de l’invalidité physique, rappelle l’éditorialiste de The American Journal of Psychiatry, cette dépression associée à la maladie de Parkinson ne semble donc pas simplement réactionnelle à la problématique motrice. Et les stratégies thérapeutiques contre la dépression sans maladie de Parkinson associée ne sont guère transposables pour les déprimés parkinsoniens, notamment car les déficits cognitifs présents chez une proportion significative de patients viennent compliquer la pratique des psychothérapies.
Traiter cet état dépressif presque consubstantiel à la maladie de Parkinson demeure cependant un défi important, afin d’améliorer la qualité de vie du patient et l’incidence psychologique de son handicap. Mais les rares études contrôlées sur le traitement de la dépression associée à une maladie de Parkinson « mettent surtout l’accent sur la pharmacothérapie », et délaissent les tentatives d’approche psycho thérapeutique.
L’auteur commente une nouvelle étude [1] constituant à ce jour « probablement le plus vaste essai contrôlé » sur ce thème, afin d’évaluer l’efficacité d’une TCC (thérapie cognitivo-comportementaliste, ou CBT : cognitive-behavioral therapy) « spécialement adaptée » à la dépression du sujet parkinsonien. Réalisée par une équipe de l’université de médecine du New Jersey (États-Unis) entre 2007 et 2010, et portant sur 80 patients âgés de 35 à 85 ans, en excluant les sujets suicidaires ou déments, cette enquête confirme l’efficacité de la TCC « adaptée aux besoins spécifiques du parkinsonien et délivrée durant dix semaines. » Ces résultats s’appuient sur l’observation de changements favorables à l’échelle de dépression d’Hamilton et aux scores de celle de Beck. En particulier, plus de la moitié des patients traités par TCC (56 %) « ont répondu favorablement à cette psychothérapie » (contre seulement 8 % dans le groupe contrôle) et cette amélioration –visible non seulement sur les troubles dépressifs mais aussi sur les symptômes de la maladie de Parkinson– s’est « maintenue quatre semaines » (après l’arrêt de la TCC). Pour l’auteur, cette étude constitue donc « une étape importante » dans le traitement des troubles dépressifs chez les parkinsoniens, et elle devrait contribuer à « encourager les nouvelles options thérapeutiques » proposées aux patients atteints d’une maladie de Parkinson.
[1] Dobkin RD & al. : ‘‘Cognitive-behavioral therapy for depression in Parkinson’s disease: a randomized, controlled trial’’ Am J Psychiatry 2011; 168:1066–1074.
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