Accéder au contenu principal

L-DOPA : définition


DÉFINITION :

La L-dopa ou Lévodopa, est un précurseur direct de la dopamine. Cet acide aminé, qui passe la barrière hémato-encéphalique, est transformé au niveau cérébral en dopamine, venant compenser le déficit en dopamine, caractérisant la maladie de Parkinson.
Toutes les formes galéniques de la L-dopa, comportent aussi un inhibiteur de dopa-décarboxylase, qui évite une partie de sa dégradation  périphérique. La L-dopa existe également sous forme à libération prolongée.

MÉCANISME D'ACTION :

La lévadopa est le traitement de référence de la maladie de Parkinson, avec le meilleur rapport efficacité/effets indésirables.
Les médicaments à base de L-dopa, se présentent sous forme de comprimés et de gélules.
La lévadopa, apportée par voie digestive, puis sanguine, passe dans le tissu cérébral, et par sa transformation en dopamine, vient pallier le déficit en dopamine dans les noyaux gris centraux.
L’inhibiteur de la dopadécarboxylase qui est toujours associé à la levadopa, empêche la lévadopa périphérique d’être métabolisée en dopamine, et permet ainsi une réduction de la quantité de lévadopa ingérée pour un effet thérapeutique équivalent ou supérieur. Cette efficacité s’accompagne d’une réduction des effets secondaires (nausées et hypotension artérielle).
La résorption, l’élimination, la métabolisation et la demi-vie d’un produit sont des paramètres importants car ils déterminent le mode d’administration du produit et le nombre de prises quotidiennes, afin de maintenir l’efficacité du traitement.
- La résorption digestive est réduite par les protéines alimentaires, seule une  faible quantité de lévodopa franchit la barrière hémato-encéphalique (15%),
- la métabolisation est complexe,
-  l’élimination urinaire est rapide et
- la demi-vie, associée au benserazide est de 1 H 30.
Tous ces paramètres pharmacocinétiques nous indiquent qu’il faut administrer le médicament en 3 à 4 prises ou plus par jour.
Les inhibiteurs de la dopadécarboxylase, associés à la lévadopa ne passent pas la barrière hémato-méningée.

OBJECTIFS THÉRAPEUTIQUES :


La prescription de lévadopa + inhibiteur de la dopadecarboxylase, a pour but :
- l’amélioration des symptômes moteurs (rigidité, tremblements..), et des autres symptômes (dépression, troubles du sommeil, troubles cognitifs…)
- l’amélioration du vécu de la maladie pour le patient et les proches.
- l’optimisation du maintien à domicile

INDICATIONS :

La levadopa associée aux inhibiteurs de la dopadécarboxylase, est indiquée dans la maladie de Parkinson et les syndromes parkinsoniens d’origine neurovégétative.
 
EFFETS INDÉSIRABLES :


Ce sont quelques complications qui peuvent survenir lors de la prise du médicament, en sachant que les effets secondaires induits varient selon les individus.
Lors de la prise de lévodopa ont été signalés :
- lors de l’ajustement de la posologie, des vomissements, une anorexie, une hypotension orthostatique.
- des fluctuations d’activité, ou une réduction de l’activité du traitement à plus ou moins long terme, ceci touche 80% des sujets après 10 ans de traitement.
- des mouvements anormaux involontaires tardifs, chez 50% des sujets après 5 ans.
- des accès de somnolence, cauchemars, sueurs, rhinorrhées, troubles olfactifs et plus rarement des extrasystoles ventriculaires, une fibrillation auriculaire, tachycardie paroxystique.
- une compulsion au jeu, une hypersexualité.

PRÉCAUTIONS D'EMPLOI  :


Il faut utiliser la lévadopa avec prudence en cas d’insuffisance coronarienne, de troubles du rythme, de variations tensionnelles, d’antécédents psychotiques ou de mauvais état général.
En cas d’anesthésie générale, arrêter la lévadopa 6 à 12 heures avant, et la reprendre 24 heures après.

CONDUITE ET UTILISATION DES MACHINES :
 
L’attention des conducteurs et des utilisateurs de machines doit être attirée sur la possibilité de sensations vertigineuses sous lévodopa.
Les patients traités par lévodopa, sujets à une somnolence ou des accès de somnolence, d’apparition soudaine, ne doivent pas conduire et utiliser des machines.

HYGIÈNE DE VIE :
 
Conseiller l’organisation de la vie  avec un maintien de contacts sociaux, de sorties, d’activité physique régulière (marche, vélo).

INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSE :


Les associations de la lévadopa avec les IMAO non sélectifs, les neuroleptiques, les réserpiniques (en raison d’un antagonisme), sont contre-indiquées.
Les associations avec les anesthésiques généraux, la papavérine, les antiémétiques, les neuroleptiques antipsychotiques, sont déconseillées.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Maladie de parkinson : quand finit la lune de miel…

A. MARTENS DE NOORDHOUT, Service universitaire de neurologie, Hôpital de la Citadelle, Liège La «lune de miel» entre le patient parkinsonien et son traitement à visée dopaminergique s’installe dès le début de celui-ci, s’il est bien toléré, et pour une durée de cinq à dix ans. Cet article s’intéresse aux problèmes et aux solutions que l’on peut appliquer lorsque la lune de miel se termine, c’est-à-dire au début des fluctuations (surtout motrices et dans une moindre mesure non motrices) de réponse au traitement. La théorie de la neurotoxicité de la lévodopa est rappelée. Le traitement doit être taillé sur mesure en fonction de l’âge du patient, les symptômes qui prédominent, les pathologies connexes, l’insertion professionnelle et sociale, et le support apporté par l’entourage. L’auteur envisage, sur base de son expérience, de nombreux cas de figure et propose des solutions spécifiques. Préambule En guise de préambule, cet essai n’est pas une revue exhaustive des recommandati...

Reconnaissance de la maladie de Parkinson comme maladie professionnelle

Comme cela avait été annoncé lors du salon de l'agriculture, les tableaux des maladies professionnelles en agriculture ont été révisés par un décret publié dimanche 6 mai au Journal Officiel. Un nouveau tableau (n°58), annexé au livre VII du code rural et de la pêche maritime, fait ainsi son apparition et reconnaît «  la maladie de Parkinson provoquée par les pesticides  » comme maladie professionnelle. Le décret désigne par le terme de pesticides l’ensemble des « produits à usages agricoles et produits destinés à l'entretien des espaces verts (produits phytosanitaires ou produits phytopharmaceutiques) » ainsi que les biocides et les antiparasitaires vétérinaires. Dans la liste indicative des travaux susceptibles de provoquer la maladie de Parkinson figurent la manipulation des pesticides par contact ou par inhalation, le contact avec les cultures, les surfaces et les animaux traités par ces produits ou encore l'entretien des machines servant à diffuser ces produits. D...