Une variation génétique pourrait-elle protéger certaines personnes de la
maladie de Parkinson? C'est ce qu'affirme 23andme, une société privée
qui propose des tests génétiques au grand public. Une découverte qui
fait polémique.
Anne Wojcicki, la co-fondatrice de 23andme, a
peut-être trouvé une piste pour éviter le développement d’une maladie de
Parkinson chez son mari. Ce dernier n’est autre que le très médiatique
Sergey Brin, co-fondateur de Google. Il est en effet porteur d’une
mutation à risque du gène LRRK2. Cette mutation serait responsable –
chez les personnes porteuses – d’un risque élevé de développer la
maladie de Parkinson (51% à 69 ans, et 74% à 79 ans).
Un gène peut en cacher un autre
En
soumettant des tests à un échantillon composé de 125.000 individus, la
société privée a posé un constat simple. Les nombreuses personnes qui
possèdent une mutation à risque du gène LRRK2 mais ne développent pas la
maladie de Parkinson sont également porteuses d’un autre gène. Dénommé
SGK1, ce dernier aurait donc le pouvoir de les protéger. Une découverte
qui pourrait ouvrir la voie à de nouvelles possibilités
thérapeutiques !
«23andme», une société controversée
La
société privée 23andme ne fait pas l’unanimité dans le monde de la
recherche. Elle propose un test génétique à tous ceux qui le souhaitent.
Les personnes qui soumettent ainsi leur patrimoine génétique à la loupe
intègrent l’immense base de données de la société. Elles reçoivent en
outre des informations sur leurs prédispositions génétiques à
différentes maladies (cancers, diabètes..). L’absence de supervision
médicale et le flou lié à l’interprétation de telles données par le
grand public font cependant débat.
Qui est concerné par le gène LRRK2?
Les
causes de la maladie de Parkinson sont toujours en grande partie
inconnues. La possibilité de transmission héréditaire de la maladie
existe, mais reste très rare. Les mutations génétiques du LRRK2 sont
étudiées chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson depuis
2005. Leur responsabilité serait mise en cause dans environ 5% des cas
de transmission héréditaire de la maladie de Parkinson, mais également
dans 1 à 2% des cas isolés.
Les recherches se poursuivent
La
découverte par 23andme d’un gène qui pourrait dans certains cas
protéger de la maladie de Parkinson paraît prometteuse. Mais elle n’a
encore été confirmée par aucune recherche validée par la communauté
scientifique. Cette lacune devrait bientôt être comblée, puisque la
fondation Michael Fox (spécialisée dans les recherches sur la maladie de
Parkinson) vient de commanditer une étude sur le lien entre les deux
gènes au très sérieux institut de recherche SCRIPPS. À suivre donc…
Healy
DG, Falchi M, et al, International LRRK2 Consortium, Phenotype,
genotype, and worldwide genetic penetrance of LRRK2-associated
Parkinson's disease: a case-control study, Lancet Neurol. 2008
Jul;7(7):583-90. Epub 2008 Jun 6.
Dr William C
Nichols PhD et al ,Genetic screening for a single common LRRK2 mutation
in familial Parkinson's disease, The Lancet, Volume 365, Issue 9457,
Pages 410 - 412, 29 January 2005, doi:10.1016/S0140-6736(05)17828-3.
Article
réalisé en collaboration avec le Pr Massimo Pandolfo, chef de service
de neurologie à l’Hôpital Erasme, chercheur au laboratoire de neurologie
expérimentale (ULB).

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