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Parkinson et dépression: thérapie par téléphone

La psychothérapie par téléphone peut aider les patients parkinsoniens à surmonter une éventuelle dépression. De quoi s'agit-il? Et quels sont les avantages?
Près de 40 à 50% des personnes atteintes de la maladie de Parkinson souffriront un jour d’une dépression. À côté des traitements antidépresseurs, la psychothérapie occupe une place de choix.
En particulier les psychothérapies comportementales et cognitives. Elles permettent en effet de réapprendre à penser et se comporter plus "positivement" face à la maladie.

L'avantage de la thérapie par téléphone

Pour être efficace, une psychothérapie nécessite plusieurs entretiens entre le patient et son thérapeute. Or, la moitié des patients parkinsoniens n’achèvent pas leur traitement. En cause: la difficulté à se déplacer et le fait de ne pas avoir de thérapeute près de chez soi. Une solution? Effectuer cette thérapie à distance.
Il y a quelques années, des études ont mis en évidence une diminution des symptômes dépressifs par le biais d’une thérapie comportementale et cognitive dispensée par téléphone pour des patients non parkinsoniens. En partant de ce constat, des chercheurs ont tenté de savoir si la psychothérapie à distance était efficace aussi dans le cadre de la dépression associée à la maladie de Parkinson.

Réduction des symptômes de la dépression

Dans cette étude, des parkinsoniens ont suivi pendant dix semaines une psychothérapie par téléphone. 95% d'entre eux ont suivi l’ensemble du traitement, ce qui est déjà positif. À la clé: une nette réduction des symptômes de dépression et d’anxiété mais aussi des pensées négatives. Les patients parkinsoniens acceptaient également mieux leur maladie. Les chercheurs ont aussi noté une amélioration de la qualité de vie des aidants proches.

Comment se déroule une thérapie par téléphone?

L'objectif des entretiens est de modifier les réactions émotionnelles face à une situation de stress. Pour ce faire, le thérapeute analyse les stratégies de pensée du patient et essaye de les rationaliser et de les positiver. Il arrive par exemple que les patients parkinsoniens se bloquent soudainement et n'arrivent plus ni à marcher ni à bouger. Si ce blocage se produit dans la salle de bain, la première chose que pense le patient est: "Je suis pris au piège, sans possibilité de m’en sortir". En parlant avec le patient, le thérapeute peut lui faire comprendre que, s’il est vrai que cette situation peut survenir, il peut néanmoins prendre certaines précautions. Par exemple, en ayant toujours son GSM sur lui, de façon à pouvoir appeler son conjoint ou un proche. Ce qui signifie que le patient doit apprendre à raisonner d’une autre manière: "Oui, je n’étais plus capable de bouger, mais j’ai réussi à me sortir de cette situation critique. Je ne suis donc pas pris au piège, sans défense".
La thérapie comportementale et cognitive par téléphone a donc clairement montré un bénéfice chez les parkinsoniens. Il n'existe toutefois pas encore de possibilité de suivre ce type de thérapie par téléphone en Belgique.
Dobkin RD et coll.: Telephone-based cognitive-behavioral therapy for depression in Parkinson’s disease. American Neurological Association 136th Annual Meeting (San Diego, Californie) : 25-27 septembre 2011.

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