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Parkinson: quand la parole s’enraye

Voix très faible, monocorde, éraillée… 60 à 80% des parkinsoniens présentent des difficultés à articuler. Miet De Letter, logopède à l'UZ Gent, donne quelques conseils pour faire face aux troubles de la parole.



En quoi la maladie de Parkinson peut-elle affecter la parole?

La maladie de Parkinson se caractérise par des troubles moteurs: ralentissement des mouvements (bradykinésie), rigidité musculaire et tremblements. Ces atteintes motrices peuvent également affecter les muscles nécessaires à la parole. La dysarthrie est en effet une difficulté, non pas à trouver les mots ou à les agencer, mais bien à les articuler.

Quelles sont les caractéristiques de la dysarthrie?

Les symptômes de la dysarthrie peuvent varier d’une personne à l’autre. Parmi ceux-ci, on retrouve:
  • voix très faible qui, dans les cas extrêmes, est parfois réduite à un simple murmure;
  • manque de clarté: la personne ouvre peu la bouche, avale les consonnes;
  • rythme lent;
  • à l’inverse, parfois accélération du débit, voire bégaiement;
  • manque d’intonation: peu de différence de ton, entre questions et affirmations par exemple;
  • voix monocorde: absence de variation de volume entre les mots;
  • prononciation nasale;
  • voix rauque, éraillée.

Les troubles de la parole ont un impact important sur le quotidien.

En effet, les difficultés du patient à s’exprimer incitent souvent son entourage à parler à sa place. Ne pas laisser la personne s’exprimer à son rythme risque de ternir l’image qu’elle a d’elle-même. Alors que les patients parkinsoniens ont déjà spontanément tendance à peu s’exprimer en cas de dysarthrie. Cela entraîne un véritable cercle vicieux: moins le patient parle, plus il rencontre des difficultés à articuler.

Quels conseils donnez-vous aux proches?

Il est très important que le conjoint et la famille d’un parkinsonien lui donnent le temps de parler et le traitent comme un interlocuteur à part entière.
Voici quelques astuces qui faciliteront la prise de parole et la compréhension:
  • regardez la personne lorsqu’elle parle;
  • évitez brouhaha et bruits de fond (éteignez par exemple radio et télévision);
  • lorsque vous n’avez pas compris ce qui a été dit, signalez-le avec tact;
  • reprenez la partie du message que vous avez comprise, pour lui éviter de devoir répéter toute la phrase;
  • éventuellement, posez à la personne des questions fermées (auxquelles il est possible de répondre par oui ou non) ou demandez-lui d’écrire ce qu’elle veut vous communiquer.

Que recommandez-vous aux parkinsoniens qui souffrent de dysarthrie?

La meilleure chose à faire est de continuer à parler et à entraîner les muscles nécessaires à la parole:
  • parlez lentement et fort, et faites régulièrement une pause dans le discours;
  • demandez à votre interlocuteur s’il a bien compris;
  • limitez les conversations lorsque vous êtes fatigué, car vous risquez alors d’être plus difficile à comprendre;
  • désignez éventuellement des objets pour faire passer un message;
  • n’hésitez pas à faire appel à un logopède: des exercices sur mesure peuvent aider à s’exprimer plus clairement.

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