C’est depuis le mois de mai dernier
qu’un décret reconnaissant la maladie de Parkinson comme maladie
professionnelle pour les travailleurs agricoles est entré en vigueur en
France. Avec ce décret, c’est le lien entre l’exposition aux pesticides
et la maladie de parkinson qui est, enfin, officiellement reconnu. En
février dernier, la multinationale Monsanto a été condamnée à payer des
dommages et intérêts à Paul François, un agriculteur qui avait inhalé
des vapeurs d’un herbicide (Lasso) commercialisé par cette
multinationale. Suite à cette affaire, une association d’agriculteurs et
de viticulteurs victimes des produits phytosanitaires à vu le jour.
Le problème des pesticides est connu depuis belle
lurette... tout comme la puissance et les influences politiques du lobby
agrochimique.
Ayant pris connaissance de la décision française, le député Marcel
Oberweis, a demandé à Mars Di Bartolomeo, ministre de la Santé et de la
Sécurité sociale, s’il y a déjà eu des cas au Luxembourg, et ce qui est
fait pour protéger les travailleurs agricoles des dangers liés aux
pesticides ?
Le ministre commence par rappeler que la maladie de
Parkinson, qui touche 1,5% de la population de plus de 65 ans, est une
maladie neurodégénérative d’origine multifactorielle, qui voit
l’implication de facteurs de risque génétiques et environnementaux. Des
études révèlent cependant que l’exposition aux pesticides peu multiplier
le risque par 1,5 voire 2.
Il évoque notamment une étude réalisée par des membres
de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm)
français qui fait référence en la matière, et qui est à l’origine du
décret. Il y est dit que le risque augmente avec la durée de
l’exposition aux insecticides et plus particulièrement avec ceux du type
« organochlorés ».
Il fait savoir qu’au Luxembourg, les déclarations de
maladies professionnelles se font auprès de l’Association d’assurance
accident, et qu’au numéro 1307 du Tableau des maladies professionnelles,
en vigueur depuis 1998, on trouve les maladies provoquées par les
composés organiques du phosphore, une rubrique qui permet de déclarer
une maladie attribuable aux pesticides. Il déclare qu’aucun cas de
maladie de Parkinson occasionnée par des pesticides n’a été déclaré
depuis 1998.
Au niveau de la protection des travailleurs, les
pouvoirs publics privilégient les mesures d’information et de formation.
Les travailleurs manipulant des pesticides sont tenus de passer une
visite périodique préventive auprès du Service de santé au travail. Même
si les agriculteurs, viticulteurs, jardiniers, etc. indépendants ne
sont pas tenus de se soumettre à ces visites, et sont personnellement
responsables de leurs santé et sécurité, le Service de santé au travail
leur propose une visite médicale sur base volontaire.
En matière d’information, le ministre signale que la
Chambre d’Agriculture et l’Administration des Services techniques de
l’Agriculture (ASTA) disposent de nombreuses informations sur
l’utilisation correcte des pesticides, et des règles élémentaires de
sécurité à respecter en manipulant ces produits. Il rappelle que les
produits que l’on trouve sur le marché ont préalablement été agréés par
une commission spéciale composée de membres du ministère de
l’Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural, du ministère
de la Santé ainsi que du ministère du Travail.
Il souligne que les élèves des sections agricole,
jardinage et travaux forestiers du Lycée technique agricole d’Ettelbruck
reçoivent une formation de base très poussée sur l’utilisation des
pesticides, validée par un certificat émis par l’ASTA.
Enfin, il informe que des informations utiles en la
matière sont également disponibles sur le site de l’Inspection du
Travail et des Mines.
I.P.I
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