Accéder au contenu principal

Les médicaments dopaminergiques : de la maladie de Parkinson aux traitements des addictions

La maladie de Parkinson peut être associée à une longue liste de complications thymiques et comportementales. Ces modifications psychiques semblent dépendre du traitement dopaminergique du patient, et plus exactement de son état d'hyper- ou d'hypodopaminergie cérébral. La reconnaissance de l'impact neuropsychiatrique du traitement dopaminergique substitutif chez les malades parkinsoniens apporte un éclairage nouveau sur la compréhension des troubles de l'addiction. La dopamine cérébrale constitue l'élément central de la physiopathologie de l'addiction. Les troubles de l'addiction sont asservis aux fluctuations dopaminergiques du système mésocorticolimbique. Tout comme les patients parkinsoniens, les patients souffrants d'addiction passent par des états d'hypo- et d'hyperdopaminergie, en fonction de la stimulation des systèmes dopaminergiques cérébraux par les drogues d'abus. La "labilité" des systèmes dopaminergiques cérébraux, sous l'influence d'une substance psychoactive, conditionne les troubles du comportement rencontrés chez les patients toxicomanes et précipite les sujets dans l'addiction. À la lumière des récentes découvertes concernant la gestion des troubles du comportement chez les patients parkinsoniens, nous verrons que les traitements (médicaments, stimulation cérébrale) agissant, directement ou indirectement, sur le système dopaminergique mésocorticolimbique ainsi que les tests pharmacologiques de labilité du système dopaminergique et l'imagerie médicale sont autant de pistes thérapeutiques sérieusement envisagées pour la stabilisation de l'équilibre dopaminergique des patients souffrant d'addiction et la résolution de leurs troubles neuropsychiatriques.

Suivre ce lien
http://dumas.ccsd.cnrs.fr/docs/00/72/40/00/PDF/2012GRE17023_chevallier_cecile_1_D_.pdf 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Maladie de parkinson : quand finit la lune de miel…

A. MARTENS DE NOORDHOUT, Service universitaire de neurologie, Hôpital de la Citadelle, Liège La «lune de miel» entre le patient parkinsonien et son traitement à visée dopaminergique s’installe dès le début de celui-ci, s’il est bien toléré, et pour une durée de cinq à dix ans. Cet article s’intéresse aux problèmes et aux solutions que l’on peut appliquer lorsque la lune de miel se termine, c’est-à-dire au début des fluctuations (surtout motrices et dans une moindre mesure non motrices) de réponse au traitement. La théorie de la neurotoxicité de la lévodopa est rappelée. Le traitement doit être taillé sur mesure en fonction de l’âge du patient, les symptômes qui prédominent, les pathologies connexes, l’insertion professionnelle et sociale, et le support apporté par l’entourage. L’auteur envisage, sur base de son expérience, de nombreux cas de figure et propose des solutions spécifiques. Préambule En guise de préambule, cet essai n’est pas une revue exhaustive des recommandati...

Reconnaissance de la maladie de Parkinson comme maladie professionnelle

Comme cela avait été annoncé lors du salon de l'agriculture, les tableaux des maladies professionnelles en agriculture ont été révisés par un décret publié dimanche 6 mai au Journal Officiel. Un nouveau tableau (n°58), annexé au livre VII du code rural et de la pêche maritime, fait ainsi son apparition et reconnaît «  la maladie de Parkinson provoquée par les pesticides  » comme maladie professionnelle. Le décret désigne par le terme de pesticides l’ensemble des « produits à usages agricoles et produits destinés à l'entretien des espaces verts (produits phytosanitaires ou produits phytopharmaceutiques) » ainsi que les biocides et les antiparasitaires vétérinaires. Dans la liste indicative des travaux susceptibles de provoquer la maladie de Parkinson figurent la manipulation des pesticides par contact ou par inhalation, le contact avec les cultures, les surfaces et les animaux traités par ces produits ou encore l'entretien des machines servant à diffuser ces produits. D...