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Parkinson: la stimulation cérébrale profonde

La stimulation cérébrale profonde est une chirurgie fonctionnelle de stimulation électrique. Elle s’est avérée être un traitement efficace sur les troubles moteurs de manière continue, donc essentiellement sur les tremblements.

La maladie de Parkinson se manifeste par une lenteur, une difficulté à initier des mouvements, une raideur qui parfois peut être douloureuse et des tremblements qui apparaissent au repos et qui s’amplifient en cas de stress, de fatigue, d’émotions intenses… Cela s’explique par la perte de certains neurones de la substance noire du cerveau : ceux du locus niger. Or, ce sont ces noyaux qui sécrètent la dopamine, substance qui véhicule les informations à l’origine du mouvement d’un neurone à l’autre. 

Selon le Dr. Franck Durif, neurologue au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Clermont Ferrand, les traitements médicamenteux actuels ont le plus souvent pour objectif de remplacer la dopamine qui manque dans le système nerveux central du malade. Nonobstant, quand les médicaments ne font plus effet assez longtemps, que les personnes souffrent de fluctuations durant la journée et que les symptômes s’accentuent malgré le traitement en cours, la chirurgie peut être une réponse à la maladie de Parkinson.

En effet, depuis plusieurs années, la stimulation cérébrale profonde est une chirurgie fonctionnelle de stimulation électrique. Elle s’est avérée être un traitement efficace sur les troubles moteurs de manière continue, donc essentiellement sur les tremblements.

Comme l’explique le Dr. Pierre Cesaro, neurologue à l’hôpital Henri Mondor à Créteil, le principe de la stimulation cérébrale profonde repose sur la stimulation à haute fréquence du noyau sous thalamique, partie du cerveau qui est directement impliquée dans la maladie de Parkinson. 

Cette chirurgie consiste, selon les indications, à implanter une à deux électrodes dans le noyau sous thalamique, le thalamus ou le pallidum. Le patient subit une Imagerie par Résonance Magnétique (IRM) afin de localiser le meilleur endroit pour introduire les électrodes. Ensuite, le patient est anesthésié localement au niveau du site d’incision. Là, sont effectués deux petits trous dans le crâne par lesquels seront implantées les électrodes. Ultérieurement, l’implantation se fait en trois étapes qui permettront de déterminer la position idéale des électrodes.

La première étape consiste en la mise en place de la première sonde selon les paramètres déterminés par l’IRM. Elle permet l’écoute des cellules nerveuses. Lors de la deuxième, une stimulation nerveuse test est réalisée pour en évaluer les effets. Enfin, le neurologue procède à la mise en place définitive de l’électrode.

Une fois les incisions du crâne refermées, les neurologues procéderont à la stimulation des électrodes grâce à des boitiers externes. Le lendemain, une IRM de contrôle sera également réalisée afin de vérifier la bonne implantation des électrodes. L’intervention dure en moyenne trois heures et demi. 

En fonction des résultats obtenus lors des premières stimulations externes, une seconde intervention aura lieu cinq à sept jours après, sous anesthésie générale, pour introduire le neurostimulateur au niveau de la paroi thoracique, sous la clavicule. Une rallonge reliera alors chaque électrode à son neurostimulateur grâce à un petit tunnel effectué sous la peau et qui passera derrière l’oreille et le long du cou. Le neurochirurgien branche alors le neurostimulateur à l’électrode. De là, il pointera une télécommande en direction du neurostimulateur pour modifier les réglages et contrôler l’intensité du courant transmis dans les zones cérébrales concernées. Trouver les paramètres optimums de stimulation nécessite des ajustements qui peuvent prendre un certain temps. 

Quels résultats peut-on escompter?

Ainsi, lorsque le cerveau est en manque de dopamine, la stimulation cérébrale profonde agira sur les régions concernées et permettra de stopper ces dysfonctionnements pour laisser le cerveau travailler tranquillement. 
Cette chirurgie est très efficace mais comporte néanmoins des risques. Tout d’abord, l’implantation des électrodes peut entraîner un saignement dans le cerveau, même si la probabilité reste faible (environ une fois sur cent). 

Diverses études ont montré que la chirurgie avait des effets bénéfiques et durables sur les fonctions motrices mais également une plus grande amélioration de la qualité de vie qu’avec le traitement médicamenteux. Cependant, elle connaît des limites car elle ne permet pas de stopper l’évolution de la maladie de Parkinson. Elle n’a pas d’effet sur le déclin : du système cognitif, des troubles d’élocution, des problèmes d’équilibre…. De plus, elle peut favoriser des comportements impulsifs, des troubles du système nerveux et des troubles psychiatriques.

C’est pourquoi, ce traitement doit être considéré comme un traitement d’exception, réservé à un petit nombre de patients répondant à des critères de sélection précis. Il est à envisager comme un traitement palliatif qui s’adresse à des patients évolués, qui ne réagissent plus aux médicaments, qui se trouvent à un stade de la maladie où il n’y a pas encore de trouble intellectuel mais où le symptôme principal est le tremblement. 

La stimulation intracérébrale a donc aujourd’hui fait ses preuves dans certains domaines spécifiques et des études sont en cours pour évaluer son potentiel à traiter d’autres maladies neurologiques ou les troubles psychiatriques. Dans le cas de la maladie de Parkinson, elle peut être optimalisée par une prise en charge globale qui peut comporter par exemple l’administration d’un traitement médicamenteux en concomitance. La kinésithérapie peut également apporter un soutien pour compenser la perte des automatismes moteurs comme la marche et alléger d’autres troubles annexes comme les troubles respiratoires ou orthopédiques. Enfin, l’orthophonie et la psychothérapie peuvent constituer également des recours utiles.

De nombreuses informations sont disponibles aux liens suivants:

Les interventions des Dr. Durif et Cesaro, sur la WebTV Parkinson-infos.fr
> Parkinson-infos.fr

Le dossier de l'Inserm sur la maladie de Parkinson
> http://www.inserm.fr/thematiques/neurosciences-sciences-cognitives-neurologie-psychiatrie/dossiers-d-information/maladie-de-parkinson

Une présentation sur le repérage IRM des noyaux sous-thalamiques, sur le site de la Société Française de Radiologie
> http://pe.sfrnet.org/Data/ModuleConsultationPoster/pdf/2010/1/894b2e74-858b-40ef-9fd4-e78f38ac5ac7.pdf

Eléments de physiologie des noyaux gris centraux, sur le site de la Faculté de Médecine Pierre et Marie Curie
> http://www.physio.chups.jussieu.fr/PhysiologieNoyauxGrisCentrauxPidoux.pdf

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