Accéder au contenu principal

Boire du café aide à prévenir la maladie de Parkinson : Mythes ou réalités

Selon des études menées auprès d’humains et d’animaux, la caféine pourrait réduire le risque de développer la maladie de Parkinson. Toutefois, il est encore trop tôt pour recommander la consommation de café ou de thé en prévention de cette maladie.
Qu’est-ce que la maladie du Parkinson?

Lorsqu’on désire faire un mouvement, notre cerveau envoie un message à nos membres (bras, jambes, etc.) par l’entremise d’une molécule appelée dopamine.
Dans le cas de la maladie de Parkinson, qui est une maladie neurodégénérative, les cellules qui produisent la dopamine meurent. Le corps bouge alors plus lentement, il devient plus rigide, on se met à trembler et on peut perdre l’équilibre.

Au moment du diagnostic, environ 80 % des cellules produisant la dopamine ne fonctionnent plus. Des médicaments peuvent aider à contrôler les symptômes de la maladie, mais aucun ne peut inverser le processus.


Quelles sont les causes? 

Les scientifiques ne connaissent pas les causes de cette maladie. Plusieurs hypothèses ont été soulevées, mais aucune n’a pu être confirmée. Ces hypothèses constituent des pistes intéressantes, mais on ne connaît pas encore l’origine exacte de la maladie de Parkinson.

L’environnement pourrait avoir un rôle à jouer, par une exposition à des produits toxiques (par exemple, l’eau des puits ou des pesticides), mais les gènes semblent aussi importants. Les personnes dont l’un des parents est atteint de la maladie de Parkinson seraient plus à risque de développer la maladie. La vérité se situe probablement dans la combinaison de facteurs génétiques et de facteurs environnementaux.


Quel est le lien entre la maladie de Parkinson et le café?

Selon des études menées auprès d’animaux, la caféine préviendrait la détérioration des cellules produisant la dopamine. Il est également possible que les propriétés antioxydantes du thé et du café constituent des facteurs de protection.

De plus, des chercheurs ont analysé les résultats de 13 études d’observation portant sur le sujet. Résultat : Les buveurs réguliers de café avec caféine présentaient 30 % moins de risque de développer la maladie de Parkinson que les non-buveurs de café.

Une autre étude portant sur plus de 8000 hommes japonais et américains a observé que les non-buveurs de café présentaient de 3 à 5 fois plus de risque de développer cette maladie au cours des 24 à 30 prochaines années que les buveurs réguliers de café (3,5 tasses de café par jour).

Les effets de la caféine en prévention de la maladie de Parkinson ne semblent pas les mêmes chez les femmes que chez les hommes. Les chercheurs expliquent encore mal cette différence entre les sexes, mais quelques études ont observé que les femmes soumises à une thérapie à base d’œstrogènes de remplacement ne bénéficieraient pas des bienfaits possibles de la caféine en prévention de la maladie de Parkinson.

Bien que tous ces résultats soient positifs, il est encore trop tôt pour recommander une consommation régulière de caféine en prévention de la maladie de Parkinson, et ce, particulièrement chez les femmes qui prennent des œstrogènes de remplacement. Les études menées à ce jour observent des associations (et non des liens de cause à effet) entre une consommation élevée de caféine chez une population et le développement de cette maladie. D’autres études devront être menées pour mieux établir le lien entre la caféine et la maladie de Parkinson. 


Attention aux effets secondaires

[Bien que certaines études prétendent que le seul fait de boire du café de façon régulière soit suffisant pour réduire les risques de la maladie de Parkinson, d’autres suggèrent une quantité égale ou supérieure à 3 tasses par jour pour obtenir des effets significatifs.

Mais attention : boire plus de 1 à 3 tasses de café régulier (ou de 300 à 400 mg de caféine) selon votre sexe peut rapidement causer les effets indésirables suivants :

caféisme (tremblements, crises d’anxiété, irritabilité, agitation et troubles du sommeil);
palpitations;
accélération de la respiration;
maux de tête.


En outre, certains médicaments réagissent mal en présence de la caféine : cette interaction peut accentuer les effets secondaires et parfois même diminuer l’efficacité du médicament!

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Maladie de parkinson : quand finit la lune de miel…

A. MARTENS DE NOORDHOUT, Service universitaire de neurologie, Hôpital de la Citadelle, Liège La «lune de miel» entre le patient parkinsonien et son traitement à visée dopaminergique s’installe dès le début de celui-ci, s’il est bien toléré, et pour une durée de cinq à dix ans. Cet article s’intéresse aux problèmes et aux solutions que l’on peut appliquer lorsque la lune de miel se termine, c’est-à-dire au début des fluctuations (surtout motrices et dans une moindre mesure non motrices) de réponse au traitement. La théorie de la neurotoxicité de la lévodopa est rappelée. Le traitement doit être taillé sur mesure en fonction de l’âge du patient, les symptômes qui prédominent, les pathologies connexes, l’insertion professionnelle et sociale, et le support apporté par l’entourage. L’auteur envisage, sur base de son expérience, de nombreux cas de figure et propose des solutions spécifiques. Préambule En guise de préambule, cet essai n’est pas une revue exhaustive des recommandati...

Reconnaissance de la maladie de Parkinson comme maladie professionnelle

Comme cela avait été annoncé lors du salon de l'agriculture, les tableaux des maladies professionnelles en agriculture ont été révisés par un décret publié dimanche 6 mai au Journal Officiel. Un nouveau tableau (n°58), annexé au livre VII du code rural et de la pêche maritime, fait ainsi son apparition et reconnaît «  la maladie de Parkinson provoquée par les pesticides  » comme maladie professionnelle. Le décret désigne par le terme de pesticides l’ensemble des « produits à usages agricoles et produits destinés à l'entretien des espaces verts (produits phytosanitaires ou produits phytopharmaceutiques) » ainsi que les biocides et les antiparasitaires vétérinaires. Dans la liste indicative des travaux susceptibles de provoquer la maladie de Parkinson figurent la manipulation des pesticides par contact ou par inhalation, le contact avec les cultures, les surfaces et les animaux traités par ces produits ou encore l'entretien des machines servant à diffuser ces produits. D...