Accéder au contenu principal

«Docteur, je ne vois plus très bien»


Beaucoup de parkinsoniens se plaignent de troubles de la vue. Bien qu’il n’existe pas de statistiques sur le sujet, ces plaintes cachent des problèmes divers et variés.

«Docteur, je ne vois plus très bien»

Un examen des yeux standard ne suffit pas

Les causes des troubles de la vue chez les patients parkinsoniens sont multiples. Certaines sont même parfois tellement subtiles qu’un examen ophtalmologiquestandard ne permet pas de les mettre en évidence. Le Pr Luc Crevits, neuro-ophtalmologue, explique que «certaines plaintes visuelles ne peuvent être diagnostiquées que par un examen extensif réalisé par un ophtalmologue spécialisé ou un neurologue. Car, quand on se contente d’une mesure de l’acuité visuelle de ces personnes, celle-ci s’avère souvent normale. Et pourtant, les patients se plaignent de problèmes de vision, qui ont une incidence marquée sur leur vie quotidienne».

Les yeux secs

Ces troubles de la vision sont parfois provoqués par des causes banales. Prenons lesyeux secs, par exemple. Les patients parkinsoniens ont souvent le regard fixé au loin et battent moins fréquemment des paupières. Cette réduction de l’humidification des yeux par le clignement peut entraîner une sécheresse oculaire. Certains médicaments administrés dans le traitement de la maladie de Parkinson peuvent aussi avoir cet effet. Le remède est simple: il faut recourir aux larmes artificielles.

Une inflammation des paupières

L’inflammation des paupières (blépharite) est une autre affection «banale» pouvant entraîner des problèmes de vision. Elle est également plus fréquente chez les parkinsoniens que dans la population générale. Le traitement consiste en l’application d’une pommade ophtalmique antibiotique.

Des troubles de la lecture

Les problèmes de vision de près peuvent, eux, être liés à un déficit de convergence des yeux. Ceux-ci convergent moins bien lors de la vue rapprochée. Pour lire un livre, par exemple, et obtenir une image nette, les yeux doivent en effet se diriger l'un vers l'autre, c’est ce qu’on appelle la convergence. Les parkinsoniens éprouvent dès lors très souvent des problèmes de lecture. Les lettres sont floues, elles se dédoublent.

D’abord corriger l’acuité visuelle

Si vous souffrez de la maladie de Parkinson, faites d’abord contrôler et corriger votre vue si nécessaire. Des lunettes adaptées peuvent résoudre parfois simplement le problème. En outre, votre ophtalmologue recherchera, comme chez tout un chacun, un éventuel glaucome ou une cataracte.
Cet article a été réalisé en collaboration avec le Pr Luc Crevits, unité d’oto-neuro-ophtalmologie, département de neurologie, UZ Gent.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Maladie de parkinson : quand finit la lune de miel…

A. MARTENS DE NOORDHOUT, Service universitaire de neurologie, Hôpital de la Citadelle, Liège La «lune de miel» entre le patient parkinsonien et son traitement à visée dopaminergique s’installe dès le début de celui-ci, s’il est bien toléré, et pour une durée de cinq à dix ans. Cet article s’intéresse aux problèmes et aux solutions que l’on peut appliquer lorsque la lune de miel se termine, c’est-à-dire au début des fluctuations (surtout motrices et dans une moindre mesure non motrices) de réponse au traitement. La théorie de la neurotoxicité de la lévodopa est rappelée. Le traitement doit être taillé sur mesure en fonction de l’âge du patient, les symptômes qui prédominent, les pathologies connexes, l’insertion professionnelle et sociale, et le support apporté par l’entourage. L’auteur envisage, sur base de son expérience, de nombreux cas de figure et propose des solutions spécifiques. Préambule En guise de préambule, cet essai n’est pas une revue exhaustive des recommandati...

Reconnaissance de la maladie de Parkinson comme maladie professionnelle

Comme cela avait été annoncé lors du salon de l'agriculture, les tableaux des maladies professionnelles en agriculture ont été révisés par un décret publié dimanche 6 mai au Journal Officiel. Un nouveau tableau (n°58), annexé au livre VII du code rural et de la pêche maritime, fait ainsi son apparition et reconnaît «  la maladie de Parkinson provoquée par les pesticides  » comme maladie professionnelle. Le décret désigne par le terme de pesticides l’ensemble des « produits à usages agricoles et produits destinés à l'entretien des espaces verts (produits phytosanitaires ou produits phytopharmaceutiques) » ainsi que les biocides et les antiparasitaires vétérinaires. Dans la liste indicative des travaux susceptibles de provoquer la maladie de Parkinson figurent la manipulation des pesticides par contact ou par inhalation, le contact avec les cultures, les surfaces et les animaux traités par ces produits ou encore l'entretien des machines servant à diffuser ces produits. D...