Pourquoi les parkinsoniens se cognent-ils souvent?
C’est
un symptôme peu connu: après 5 à 10 ans d’évolution de leur maladie,
les personnes atteintes de la maladie de Parkinson peuvent présenter une
perte de la perception de la profondeur. Qui n’est pas sans
conséquences…
Parkinson: problème avec les contrastes
La perte de la perception de la profondeur
liée à la maladie de Parkinson peut être provoquée par un trouble de la
sensibilité aux contrastes. C’est par la distinction des contrastes,
soit toutes les nuances de couleur entre le clair et le foncé, que nous
obtenons une image en 3 dimensions de ce qui nous entoure. Sans s’en
rendre compte, les personnes atteintes de la maladie de Parkinson distinguent souvent moins bien les différentes couleurs et les contrastes.
Leur
perception de ce qui est proche et de ce qui est plus éloigné est dès
lors faussée. Conséquence typique: ils se heurtent fréquemment, aux
chambranles de porte par exemple.
Difficultés d’orientation
Cette
perception erronée est encore aggravée par le fait que les
parkinsoniens ont du mal à visualiser les objets et les lieux dans
l’espace. Le Pr Crevits, neuro-ophtalmologue, a mené des études sur le
sujet: «Le fait que bon nombre de mes patients parkinsoniens trouvaient
difficilement le chemin de ma consultation m’a finalement mis sur la
piste. Je vous accorde qu’il n’est pas toujours aisé de s’orienter dans
l’hôpital! Mais, une étude menée sur de grands groupes de patients a
effectivement montré que ceux-ci avaient du mal à se localiser dans
l’espace. C’est aussi la raison pour laquelle ils éprouvent des
difficultés à lire un plan. Les arbres cachent la forêt. En d’autres
mots, ils se focalisent sur les détails (les arbres) et oublient
l’espace autour (la forêt). C’est une découverte plutôt étonnante mais
ce phénomène est très fréquent.»
Le rôle de la dopamine dans la maladie de Parkinson
La
plupart de ces symptômes se manifestent après 5 à 10 ans d’évolution de
la maladie de Parkinson. Le médecins pensaient, jusqu’il y a peu,
qu’ils étaient uniquement causés par les traitements médicamenteux ou
par des maladies communes fréquentes chez les personnes de plus de 60
ans (par exemple, la cataracte). Mais on sait aujourd’hui que ce n’est
pas le cas. La maladie de Parkinson en est aussi partiellement
responsable. La dopamine joue probablement également un
rôle. Elle ne se retrouve en effet pas uniquement dans le cerveau. Les
cellules nerveuses de la rétine s’en servent aussi pour communiquer
entre elles. Une carence en dopamine au sein de l’oeil pourrait donc
aussi expliquer certains troubles de la vision.
Cet
article a été réalisé en collaboration avec le Pr Luc Crevits, unité
d’oto-neuro-ophtalmologie, département de neurologie, UZ Gent.
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