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La maladie de Parkinson n'est pas en soi un facteur de risque de troubles de contrôle des impulsions

 
WASHINGTON, 9 janvier 2013 (APM) - La maladie de Parkinson ne constitue pas en soi un facteur de risque de troubles de contrôle des impulsions, en particulier de jeu pathologique ou d'achat compulsif, montre une étude internationale qui confirme le rôle des médicaments dans le développement de ces comportements.

"Des études ont montré que les certains troubles du contrôle des impulsions étaient fréquent chez les patients traités avec des médicaments antiparkinsoniens mais jusqu'à présent, on ignorait si la maladie elle-même pouvait augmenter le risque de ces comportements", commente le premier auteur de ces travaux publiés dans Neurology, le Dr Daniel Weintraub de l'université de Pennsylvanie à Philadelphie, dans un communiqué de l'American Academy of Neurology AAN).

Les résultats apportent "des preuves supplémentaires que les troubles du contrôle des impulsions survenant chez les patients atteints d'une maladie de Parkinson sont associés à l'exposition aux médicaments dopaminergiques et non pas juste à la maladie elle-même".

Dans cette étude observationnelle impliquant 21 centres universitaires (16 américains et cinq européens), les chercheurs ont conduit une analyse cas-contrôles impliquant 168 patients récemment diagnostiqués avec une maladie de Parkinson, naïfs de tout traitement, et 143 personnes en bonne santé.

Selon les réponses au questionnaire sur les troubles du contrôle des impulsions dans la maladie de Parkinson (QUIP), la prévalence de l'ensemble des symptômes est de 18,5% parmi les patients parkinsoniens et de 20,3% dans le groupe contrôle, sans différence statistiquement significative.

La prévalence de certains troubles particuliers était sans différence significative entre les deux groupes, notamment le jeu pathologique (respectivement 1,2% vs 0,7%), l'achat compulsif (3% vs 2,1%), les comportements sexuels compulsifs (4,2% vs 3,5%) ou la boulimie (7,1% vs 10,5%).

Les différents modèles testés n'ont pas mis en évidence de lien entre un diagnostic de maladie de Parkinson et un quelconque trouble du contrôle des impulsions.

Cette étude montre qu'une large gamme de troubles du contrôle des impulsions ou de comportements associés se retrouve de manière équivalente chez les patients parkinsoniens nouvellement diagnostiqués, non traités, et la population générale, avec une prévalence autour de 20%, ce qui suggère que la maladie elle-même ne confère pas un surrisque de développer ces troubles, concluent les chercheurs.

Il existe donc d'autres facteurs qui peuvent favoriser leur survenue, les médicaments d'une part, mais aussi probablement d'autres caractéristiques, démographiques, cliniques, cognitives ou neurobiologiques, qu'un suivi au long cours de patients nouvellement diagnostiqués permettra de déterminer, ajoutent-ils.

(Neurology, 8 janvier, vol.80, n°2, p176-180)

ld/ab/APM
redaction@apmnews.com

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