Les personnes qui éprouvent des difficultés à
marcher, comme les patients parkinsoniens, ou celles qui sont
fréquemment victimes de chutes, font généralement des exercices destinés
à améliorer leur équilibre. Bientôt sur un tapis de marche dans… une
rue virtuelle.
S’entraîner sur un tapis de marche dans la réalité virtuelle
Les patients atteints de la maladie de Parkinson ou faisant fréquemment des chutes s’exercent souvent sur un tapis de marche. Dans le cas de la réalité virtuelle,
un écran d’ordinateur placé devant le tapis affiche les pieds de la
personne en situation, dans une rue par exemple. «Des capteurs sont
fixés aux pieds du patient de façon à ce que ceux qui apparaissent à
l’écran reproduisent exactement les mouvements réalisés par le patient.
Ce dernier a dès lors l’impression de marcher vraiment dans cette rue»,
explique le Pr Nieuwboer, qui dirige ce projet à la KU-Leuven.
Une adaptation individuelle du degré de difficulté
Avantage
de l’entraînement sur tapis de marche dans la réalité virtuelle: des
tâches supplémentaires peuvent être proposées. Et ces tâches peuvent
devenir de plus en plus compliquées avec le temps. Par exemple, dans un
premier temps, enjamber des flaques ou passer à côté d’une caisse ou
d’un autre obstacle. Par la suite, on peut imposer un itinéraire plus
difficile. Un signal d’erreur retentira si les pieds prennent par
exemple la mauvaise direction à un croisement (virtuel) . Le degré de
difficulté peut aussi être adapté en fonction du patient. Et si la tâche
imposée est menée à bien, ce dernier reçoit un encouragement.
Quels atouts pour les patients parkinsoniens?
Cet
entraînement à la marche dans la réalité virtuelle est comparable aux
exercices sur le terrain et permet de varier les situations. Il offre
toutefois une plus grande sécurité pour le patient parkinsonien que dans
une vraie rue. Autre avantage majeur: il ne permet pas uniquement
d’exercer la marche (entraînement moteur) mais simultanément aussi la
faculté de penser et de réfléchir (entraînement cognitif). Des fonctions
cognitives essentielles dans la vie quotidienne:
quelle route emprunter, est-ce prudent de traverser ici, le feu est-il
vert pour moi. La marche est une activité très complexe qui fait appel à
de nombreuses fonctions, comme la vue. La réalité virtuelle permet de
mieux exercer cette complexité.
Une réalité virtuelle bientôt réelle?
L’hypothèse
a été émise que la réalité virtuelle permettrait d’activer des zones
bien plus grandes du cerveau et donnerait dès lors de meilleurs
résultats que les entraînements sur le terrain. Raison pour laquelle
cinq centres européens, dont la KU-Leuven, comparent actuellement ces
deux types d’entraînement. Leurs conclusions sont attendues d’ici deux
ans et demi. Si elles s’avèrent positives, comme l’espèrent les
chercheurs et le laisse supposer une étude pilote, il est plus que
probable que d’ici cinq ans des kinésithérapeutes seront formés pour
entraîner des patients, notamment parkinsoniens, à l’aide de la réalité
virtuelle.
Cet article a été réalisé en collaboration avec le Pr Alice Nieuwboer, sciences de la revalidation, KU-Leuven.
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