Il n’est pas rare que, perte de mobilité aidant,
les personnes atteintes de la maladie de Parkinson sombrent
progressivement dans l’isolement. Mais comment leurs conjoints
vivent-ils cette limitation sociale ?
Vivre avec les fluctuations du Parkinson
Les conjoints des patients parkinsoniens ne parviennent pas toujours à déterminer clairement les désirs du malade. En effet, la maladie de Parkinson s’accompagne de nombreuses fluctuations,
tant sur le plan moteur, avec les conséquences que cela implique pour
l’autonomie au quotidien, que sur celui du bien-être psychologique et
émotionnel. Si, certains jours, les personnes atteintes de la maladie de
Parkinson sont suffisamment mobiles pour s’habiller seules, elles
peuvent avoir besoin d’aide à d’autres moments.
Pour
le partenaire, il est parfois difficile d’évaluer les besoins ou de
comprendre les désirs du malade. La crainte de ne pas y parvenir est
omniprésente. Il existe donc un risque de surprotéger son conjoint
malade. Car malgré les fluctuations, il est important que la personne
conserve un maximum d’autonomie.
Parkinson: un processus comparable au deuil
La
perte d’autonomie progressive des patients parkinsoniens et l’isolement
social dans lequel ils sombrent souvent peuvent se comparer à une période de deuil.
Chaque fragment d’autonomie perdu est ressenti comme «mourir un peu».
Pour certains patients, ce sera la perspective de ne plus pouvoir
prendre le volant. Pour une autre, l’incapacité à se maquiller
elle-même. Pour un troisième, le fait de devoir se rabattre sur des
T-shirts faute de parvenir à boutonner sa chemise. Chacune de ces
limitations s’accompagne d’un processus de deuil pour parvenir
finalement à l’acceptation de cette réalité nouvelle, et ce aussi bien
pour le patient que pour son partenaire. De plus, les fluctuations
propres à la maladie de Parkinson compliquent aussi ce processus
d’acceptation.
Améliorer la qualité de vie des parkinsoniens
Une plainte fréquente parmi les conjoints des patients parkinsoniens concerne la limitation de leur vie sociale.
Là aussi, on observe souvent des sentiments ambivalents. Si le conjoint
s’absente une après-midi ou une soirée pour pratiquer son hobby, il ne
le fait jamais sans une certaine inquiétude de savoir son partenaire
malade seul à la maison. D’un autre côté, supprimer complètement les
activités sociales risque d’avoir un impact sur la qualité de la
relation: inconsciemment, le conjoint lui impute la responsabilité de
leur isolement commun. D’où la demande des partenaires pour plus de
centres de jour pour les parkinsoniens qui leur permettraient de prendre
du temps pour eux-mêmes et d’être soulagés temporairement de leurs
responsabilités. Sans se sentir coupables.
Si le
conjoint peut et veut se faire aider et dispose ainsi d’un peu de temps
libre, le malade en retirera lui aussi des bénéfices.
Groupes
d’entraide destinés aux patients parkinsoniens et à leurs partenaires:
association Parkinson asbl (via les antennes locales), www.parkinsonasbl.be
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