« mieux
se connaître, pour mieux agir »
Un grand nombre de patients parkinsoniens sont confrontés un jour ou l’autre, à une de ces formes.
Dans certains cas, on rencontre des troubles cognitifs. Cela peut se traduire par la perte de la notion d’espace, des troubles
L’origine des troubles neuropsychiatriques :
Dans la symptomatologie
psychiatrique de la M.P, on reconnaît, les troubles de l’humeur comme la
dépression, les troubles
anxieux, les troubles du sommeil, les hallucinations,
les états délirants (jalousie, peur du complot…, les troubles de conduite
(impulsivité, agressivité, dépendance à la L-Dopa…),
les troubles compulsifs (jeux, hyper sexualité…).Un grand nombre de patients parkinsoniens sont confrontés un jour ou l’autre, à une de ces formes.
Dans certains cas, on rencontre des troubles cognitifs. Cela peut se traduire par la perte de la notion d’espace, des troubles
de la concentration, de la
mémoire, la difficulté à gérer deux choses à la fois, à suivre
un raisonnement complexe, une lenteur
un raisonnement complexe, une lenteur
dans les réactions, une moindre
initiative, une hyperémotivité…, mais une grande variabilité
selon les moments
selon les moments
Quelques chiffres :
Les troubles dépressifs
touchent 40% des parkinsoniens contre 6% à 12% pour l’ensemble de la population.
70% des parkinsonienscontre 30% de la population connaîtront la dépression.
Dans certains cas la dépression précède les premiers signes de la maladie.
70% des parkinsonienscontre 30% de la population connaîtront la dépression.
Dans certains cas la dépression précède les premiers signes de la maladie.
questions qui
orientent vers la présence d'une dépression:
- Vous sentez-vous globalement insatisfait de votre vie ?
- Ressentez-vous un vide à l’intérieur de vous ?
- Diriez-vous que vous êtes plutôt malheureux, plutôt inquiet ?
- Avez-vous laissé de côté des activités ?
- Pleurez-vous pour un rien ?
- Avez-vous tout le temps l’impression que les autres y arrivent mieux ?
- Avez-vous l’impression que le malade en demande parfois trop? De vous mettre en colère ou d’être gêné par le comportement du malade ?
- Avez-vous l’impression de n’avoir plus de temps à vous ? Que vos relations se détériorent? Que vous perdez la santé?
- Avez-vous peur de l’avenir?
- Avez-vous l’impression de ne pas être à la hauteur, qu’il faudrait faire mieux ou plus ?
Dans la dépression, c’est toute la personne qui est atteinte. Cela se
traduit par des
signes psychiques et physiques, des changements
signes psychiques et physiques, des changements
de comportement intenses et durables (douleur morale,
hypersensibilité, honte,
culpabilité, angoisse, confusion,
culpabilité, angoisse, confusion,
ralentissement psychophysique, perte de l’appétit,
perte du goût des choses,
irritabilité, impossibilité à se relaxer…).
irritabilité, impossibilité à se relaxer…).
Quand on suspecte une
dépression, il faut en parler au médecin,
mais il y a toujours une grande difficulté pour la personne à reconnaître
mais il y a toujours une grande difficulté pour la personne à reconnaître
qu’elle souffre d’une
dépression. Il s’agira donc de poser la question indirectement :
« Tu n’es plus comme avant », y revenir
« Tu n’es plus comme avant », y revenir
progressivement et amener la
personne à faire une démarche,
sans jamais prendre un rendez-vous à sa place, ni la mettre devant le fait accompli.
sans jamais prendre un rendez-vous à sa place, ni la mettre devant le fait accompli.
Les conséquences des
troubles neuropsychiatriques :
- altération de la qualité de vie
- altération de la relation à l’autre (vie commune, vie de couple)
- retrait social, isolement
- conséquences morales et judiciaires (jeux, sexualité)
- risque suicidaire dont le diagnostic est difficile car les intentions ne sont pas exprimées. Il n’y a pas de surreprésentation statistique chez les parkinsoniens en général, cependant il est constaté un taux anormalement élevé chez les neurostimulés. Depuis peu, une équipe de chercheurs se penche sur cette problématique
Le diagnostic de la dépression est rendu plus
difficile chez les parkinsoniens
car on retrouve des symptômes communs avec la M.P.
car on retrouve des symptômes communs avec la M.P.
A retenir, les troubles
psychiques font partie de la M.P., et il faut en parler, ne pas avoir honte,
les médecins connaissent les troubles et peuvent les évaluer.
les médecins connaissent les troubles et peuvent les évaluer.
L’origine des troubles neuropsychiatriques :
- origine neurologique : les dysrégulations dopaminergiques et des modifications structurale des noyaux de la base
- origine iatrogène, due aux médicaments qui peuvent entraîner des effets de dépression, des hallucinations
- origine dégénérative, due au vieillissement, avec des lésions anatomiques cérébrales.
-
origine
psychique, les difficultés liées au vécu
de la maladie et du handicap ont des incidences sur le psychisme et
engendre un
sentiment de perte : perte de contrôle sur ce qui arrive,
incapacité à travailler d’où blessures identitaire, perte de l’estime de soi (« on nevaut pas grand-chose »), perte de la libido, perte d’autonomie…Alors que faire ?
les symptômes, trouver le meilleur traitement,
surveiller les effets secondaires.
Puis, traiter la dépression avec des médicaments
Puis, traiter la dépression avec des médicaments
psychotropes et anxiolytique. Attention, il n’y a pas d’effet immédiat, il faut surveiller
les précautions d’emploi, respecter les prises et les
les précautions d’emploi, respecter les prises et les
durées et persévérer dans le traitement.
Chercher un soutien psychologique, dans l’entourage, à travers le réseau de soin
(médecin traitant, neurologue, pharmacien, orthophoniste…), les groupes
Chercher un soutien psychologique, dans l’entourage, à travers le réseau de soin
(médecin traitant, neurologue, pharmacien, orthophoniste…), les groupes
d’entraide (associations).,
Mais aussi
rencontrer un « psy », interlocuteur neutre et
bienveillant qui peut entendre des confidences que l’on ne peut pas toujours
faire à
l’entourage.
l’entourage.
Exprimer
sa souffrance, c’est
s’autoriser à reconnaître ses émotions, à
envisager
des solutions, à relativiser, à se
déculpabiliser. Seulement 5%
des personnes acceptent de se faire aider.
Conseils au quotidien :
1 S’informer sur la maladie, mais pas trop, et ne chercher que ce qui nous intéresse.
Connaître donne le sentiment de contrôler.
La fiabilité des informations doit être validée par le médecin.
Ne pas hésiter à demander des explications simples au neurologue.
2 Respecter ses limites et celles de l’autre.
La maladie entraîne une perte de l’énergie vitale d’où une moindre disponibilité.
Conseils au quotidien :
1 S’informer sur la maladie, mais pas trop, et ne chercher que ce qui nous intéresse.
Connaître donne le sentiment de contrôler.
La fiabilité des informations doit être validée par le médecin.
Ne pas hésiter à demander des explications simples au neurologue.
2 Respecter ses limites et celles de l’autre.
La maladie entraîne une perte de l’énergie vitale d’où une moindre disponibilité.
Réduire les autres « pertes » d’énergie, chercher activement ce qui nous
intéresse.
N’entreprendre qu’une chose à la fois.
Fractionner les tâches. Faire des pauses souvent.
Rechercher, privilégier
une ou des activités en dehors de chez soi – l’extérieur est
une stimulation – Savoir s’arrêter quand on est fatigué (pas évident !).
3 Revoir
ses priorités. Où est mon
essentiel ?
Se « débarrasser » du sens du devoir, d’un système
de valeur arbitraire qui
repose
sur l’image que l’on veut donner.
Rechercher la paix avec soi-même.
4 Reconnaître
sa valeur humaine. Se
connaître, être bienveillant avec
soi-même.
Savoir exploiter ses potentialités différentes.
Ne pas se comparer aux autres. Admettre le changement.
En parler pour cesser de
se dévaloriser. Malade oui, mais adulte responsable.
5 Accepter
le négatif. Les émotions
négatives c’est une plainte intérieure, une souffrance,
le signe que quelque
chose ne va
pas. Dépasser la culpabilité. La vie continue son cours, on n’a pas à être
ménagé.
Il y aura forcément des moments difficiles. Savoir passer à autre chose. Surtout, ne pas s’isoler.
6 Se
préserver l’environnement.
Faire des aménagements concrets pour se faciliter
la vie. La constance des
repèresprocure un sentiment de sécurité.
Veiller à la régularité des prises des
médicaments surtout des psychotropes.
7 Se
préserver le temps. Chaque
jour, on a 24h pour « caser » ses besoins.
Le temps libre se décide, se
planifie. Privilégier les sorties.
Rechercher le plaisir dans les activités.
Gérer l’emploi du temps,
lister les taches fixes (toilette, courses) réviser la fréquence, revoir
les « us et coutumes », prévoir des marges.
Renoncer n’est pas démissionner,
c’est mieux de s’investir dans l’essentiel, laisser le
superflu et éviter de se mettre la pression. Rechercher la qualité plus que la
quantité.
8 Demander
de l’aide. C’est une démarche
difficile, cela suppose de reconnaître
ses faiblesses, c’est prendre le risque
du refus de l’autre.Demander de l’aide,
n’est pas capituler, mais une démarche active
pour durer. Déléguer n’est pas se décharger de
ses responsabilités, c’est se décharger du superflu.
Redistribuer les rôles,
n’est pas perdre de l’importance, c’est renforcer la
solidarité. Personne n’ose contester l’omniprésence de l’aidant,
mais il faut
savoir la remettre en cause ; tous les couples ont besoin de
« respirer »
l’un sans l’autre. Accepter l’imperfection et toujours chercher des
solutions.
9 Savoir
profiter de la vie. Avoir
toujours un projet d’avance, et le désir d’aller de l’avant.
Chercher la
compagnie des vivants.
Trouver des alternatives pour diminuer les frustrations.
Les stimulations
extérieures sont généralement bénéfiques sur les symptômes
de la M.P.
10 Enrichir
sa vie de couple. Avoir un but
commun, le bien-être de chacun, ensemble.
Devenir aidant n’a rien de naturel,
éviter de
n’être que le garde malade, on est avant tout un aimant et un aimé.
La
dépendance a des aspects multiples, on a besoin l’un de l’autre mais
sur des plans différents.
Nécessité de se ménager l’un et l’autre.
Ne pas tomber
dans la surenchère : malaise/culpabilité.
Encore une fois, rechercher la qualité et préserver l’atmosphère de la relation.
L’ambiance
dans laquelle sont faites les choses compte plus que le
résultat.
L LES SITUATIONS DE CRISE :
- L’impossible
acceptation, la maladie est une injustice,
- Le
renoncement à une certaine idée de la vie,
- Les
problèmes de sommeil mettent le couple à l’épreuve, jours et nuits sont
envahis.
- La
modification de la libido déstabilise l’intimité du couple
- La
peur de perdre l’autre,
- La
« surveillance » justifiée par « c’est pour ton bien »,
- Les
phases OFF, périodes d’aggravation,
- Les
situations à risque.
Continuer
quand même.
Pour chaque chose, chercher
une solution, revoir les objectifs, renoncer,
trouver une suppléance, changer
tout ce qui peut être changé et surtout demander de l’aide.
Conclusion
La
Maladie de Parkinson induit des troubles psychiques,
et il faut en tenir compte
dans la vie quotidienne et pour
mieux
communiquer. Il n’y a pas de honte, et cela fait partie de la maladie.
Il est
important d’en parler avec son médecin, avec
des
personnes de confiance.
Vivre
avec la maladie de Parkinson, c’est un défi au quotidien.
La personne est
« tombée malade », l’entourage est
« tombé
aidant » et le mot d’ordre c’est le bien-être de chacun ensemble
et pour
longtemps. Chacun est seul maître à bord de
son
navire, jusqu’au bout.
L’être humain est un être sensible, au sentiment de
dignité avant tout.
PAR :
le Dr Laurence AUTRET, psychiatre,
le Dr Laurence AUTRET, psychiatre,
l
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