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« Freezing » : quand le traitement par Levodopa est responsable






 Chez la plupart des patients, les blocages soudains de la marche se produisent quand leur concen­tra­tion médi­ca­men­teuse est trop faible. Cepen­dant, pour d’autres, ce phéno­mène de « free­zing » est provoqué par les médi­ca­ments eux-mêmes ! C’est tout du moins ce que postulent des scien­ti­fiques améri­cains dans une petite étude.
« Freezing » : quand le traitement par Levodopa est responsableQuand la concen­tra­tion effi­cace des médi­ca­ments dopa­mi­ner­giques diminue, les parkin­so­niens peuvent être victime de blocage : ils ont l’impression d’être cloués au sol et ne peuvent pas faire un pas sans aide exté­rieure. Chez certains patients, ce « free­zing » appa­raît égale­ment pendant les phases « on » — c’est-à-dire quand la médi­ca­tion est effi­cace. Dans de tels cas (fort heureu­se­ment rela­ti­ve­ment rares), c’est la médi­ca­tion dopa­mi­ner­gique elle-même qui est à l’origine du blocage : c’est ce qu’indique l’équipe des neuro­logues améri­cains du Dr Alberto Espay, Univer­sité de Cincinnati.
Ils ont examiné quatre parkin­so­niens traités par Lévo­dopa victimes d’épisodes de free­zing et ont observé que lorsque le trai­te­ment par L-dopa était inter­rompu, les symp­tômes moteurs étaient natu­rel­le­ment plus marqués, mais que les blocages dispa­rais­saient complè­te­ment chez trois de ces patients et partiel­le­ment chez le quatrième. Dès la reprise de l’administration de lévo­dopa, les phases « on » étaient à nouveau accom­pa­gnées de free­zing. Lorsque la dose de L-dopa était doublée, les free­zings s’aggravaient tant que les patients ne pouvaient presque plus marcher. La dose supplé­men­taire de L-dopa préser­vait bien sûr les autres fonc­tions motrices, mais la fréquence des effets indé­si­rables tels que les dyski­né­sies était plus élevée. L’équipe du Dr Espay déduit quatre types de free­zings de ses observations :
le free­zing de phase « off » clas­sique, provoqué par un manque de stimu­la­tion dopaminergique.
le free­zing pseudo « on », qui appa­raît quand la médi­ca­tion est insuf­fi­sante en phase « on ».
le véri­table free­zing de phase « on », déclenché par la médi­ca­tion dopa­mi­ner­gique en phase « on ».
le free­zing résis­tant au trai­te­ment, indé­pen­dant des phases « on » et « off ».
En pratique, il est essen­tiel de diffé­ren­cier les free­zing pseudo-« on » et les véri­tables free­zings de phase « on ». En cas de suspi­cion de free­zing de phase « on », les auteurs de l’étude proposent de doubler la dose habi­tuelle de L-dopa et de contrôler la marche au bout de 45 à 60 minutes. Si le blocage empire, il s’agit d’un free­zing de phase « on ». si possible, les méde­cins doivent aussi inter­rompre la médi­ca­tion et contrôler la mobi­lité 12 heures après la dernière dose : les blocages ne faiblissent qu’en cas de véri­table free­zing de phase « on ».
Dans un tel cas, les méde­cins se trouvent toute­fois confrontés à un dilemme théra­peu­tique : souvent, il est impos­sible de réduire la médi­ca­tion, car tous les autres problèmes moteurs sont aggravés. Il est plus réaliste que les patients s’entraînent à dépasser les blocages avec l’aide de proches ou du personnel de soins.
La stimu­la­tion céré­brale profonde (SCP) est égale­ment envi­sa­geable chez certains patients. En effet, dans de nombreux cas, elle permet de réduire la dose de L-dopa.
Publié le 04 février 2013 à 19:56
Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°51  –  décembre 2012
Source : Neuro­logy 2012, Epub
Lu dans Parkinson Suisse n°106
Par Jean Grave­leau
Date de l' article: 7 février 2013

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