Dans la maladie de Parkinson, l'accumulation anormale de protéines dans les cellules des régions atteintes (les corps de Lewy), ont mis en évidence l'intérêt potentiel d'un type de régime alimentaire qui pourrait être bénéfique.
C'est une des maladies neuro-dégénératives les plus répandues à travers le monde et qui se traduit par une destruction lente et progressive des neurones de la substance noire du cerveau, sans que l'on soit encore vraiment parvenu à en déterminer la cause. Les neurones de ces régions fabriquent normalement un messager chimique (la dopamine), dont le manque est responsable des signes caractéristiques de la maladie : des symptômes moteurs (tremblements, rigidité musculaire, impossibilité ou ralentissement des mouvements) associés parfois à des atteintes intellectuelles comme la détérioration de la mémoire, la difficulté à adapter son comportement au changement de situation). Dans cette maladie, l'accumulation anormale de protéines * dans les cellules des régions atteintes (les corps de Lewy), ont mis en évidence l'intérêt potentiel d'un type de régime alimentaire qui pourrait être bénéfique.De bonnes protéines en quantités limitées :
- Pour les patients atteints de Parkinson et qui sont traités par levodopa (médicament précureur de la dopamine), il semblerait que la protéine alimentaire renverse les effets thérapeutiques dudit traitement : la protéine alimentaire entraine un pic de concentration de certains acides aminés dans la circulation sanguine une heure après le repas.
- D'autre part, des études ont également mis en évidence la réversibilité rapide des symptômes du parkinsonisme lorsque les patients consomment la protéine au cours du repas du soir. Privilégier les protéines de haute qualité comme la volaille, le poisson, les oeufs, issus d'une production biologique ou raisonnée, et en petites portions au repas du soir, peut être une piste déjà évoquée par le Docteur Cotzias en 1967. Ce dernier avait déjà présenté l'évidence d'un effet bénéfique potentiel d'un régime modifié de protéines pour les patients présentant la maladie de Parkinson et qui recevaient la thérapie de remplacement de levodopa.
- Parmi les aliments riches également en protéines, les légumineuses ont toutes leur place, offrant une variété de goûts en association avec les légumes : pois chiche, quinoa, pois cassé, haricots azukis.et les lentilles aux versions multicolores.
- Les légumes et les fruits (frais et secs) sont d'excellentes sources de glucides, de vitamines et de fibres, avec de faibles teneurs en protéines, et qui constituent, de fait, une alternative aux repas protéinés : plusieurs fois par semaine, au déjeuner comme au diner, pensez-y.
Réduire sa consommation de lait :
Une équipe de chercheurs du National Institute of Environmental
Health Sciences Research Triangle Park de Caroline du Nord a étudié les
habitudes de vie, l'alimentation et l'état de santé de 130 000
Américains pendant 9 ans et est arrivée à cette conclusion : les hommes
(mais non les femmes) dont la consommation de produits laitiers dépasse 800gr par jour (ou 3 ou 4 verres de lait) ont un risque de maladie
de Parkinson augmenté de 60% par rapport à ceux qui en consomment moins
de 78gr par jour. Ce serait notamment plus le lait que le yaourt ou le
fromage qui serait impliqué dans l'apparition de la maladie
même si aucune preuve de l'effet néfaste du lait n'a cependant pu
encore être démontré à ce jour : présence de pesticides dans le lait,
facteurs de croissance ? Dans le bénéfice du doute, il est toujours
possible de remplacer bon nombre de produits
laitiers par des laits végétaux, des yaourts de soja, des légumes ou
des oléagineux qui peuvent garantir les apports journaliers recommandés
notamment en calcium.
Des vitamines pour le bon fonctionnement du cerveau :
- Le cerveau et le système nerveux sont tributaires de la présence d'un certain nombre de vitamines du groupe B pour assurer un fonctionnement optimal : la thiamine (vitamine B), la niacine, l'acide folique, la cobalamine (vitamine B12), l'acide pantothénique, la biotine sont essentielles. Consommer au quotidien des légumes, des légumineuses cuites à la vapeur ou à l'étouffée vont apporteront les quantités dont votre cerveau a besoin.
- La pyridoxine (vitamine B6) qui fait également partie des vitamines du groupe B est une vitamine également incontournable, en ce sens qu'elle sert de coenzyme dans la biosynthèse et le métabolisme des neurotransmetteurs, telles que la dopamine. N'oubliez pas de booster votre assiette avec des aliments comme l'épinard, l'ail, les foies (abats), le saumon sauvage, le poulpe, le thon, les céréales complètes, la pomme de terre, le poivron cru et la banane, qui en sont richement pourvus.
Une lutte contre les radicaux libres :
- Les chercheurs s'intéressent aux effets de la consommation d'antioxydants puisque les mécanismes d'oxydation pourraient participer à l'apparition de la maladie. Une prise d'antioxydants via l'alimentation peut être bénéfique et facile à mettre en place.
- La consommation d'aliments riches en vitamine E pourrait prévenir la maladie de Parkinson, cette vitamine étant surtout présente dans les noix, les graines ainsi que les légumes à feuilles vertes.
- Le Coenzyme Q10 ou ubiquinone est nécessaire au bon fonctionnement des cellules et à la production d'énergie. Son taux dans le sérum diminuerait avec l'âge, et d'autant plus chez les personnes atteintes d'une maladie chronique (dont la maladie de Parkinson). Deux études ont déjà évalué l'effet de la coenzyme Q10 sur la progression de la maladie et même si d'autres essais cliniques sont nécessaires avant d'en recommander l'usage, la consommation régulière de graines de soja, noix, amandes, de légumes verts et de sardines permettent de faire le plein de ce précieux antioxydant.
- Bon nombre de fruits, de légumes ou d'herbes fraiches renferment de la vitamine C, un autre antioxydant facile à consommer et souvent très goûteux. Les agrumes mais aussi les baies noires ou rouges en sont richement pourvus, tout comme les kiwis et la goyave. Côté légumes, les poivrons, les choux, le cresson, l'asperge, l'aubergine, la pomme de terre (avec la peau), la tomate et le radis vous apporteront entre 50 et 200 mg de vitamine C pour 100 grammes d'aliments. Sans oublier les herbes fraiches comme le persil, la coriandre, la ciboulette ou le thym frais ainsi que les abats et les coquillages.
Des acides gras triés sur le tas :
Les acides gras oméga-3 protégeraient le cerveau contre la maladie
de Parkinson, et plus particulièrement le DHA (acide
docosahexanoique).Cet acide gras intervient dans la fluidité des
membranes cellulaires des neurones, le transport des protéines, la
transmission de l'influx nerveux, l'inflammation ainsi que sur le stress oxydatif.
Au sein du cerveau donc, les oméga-3 seraient intégrés à la membrane
des neurones et contribueraient à la bonne communication des synapses.
Une alimentation riche en « bons » acides gras, issus de poissons de mer
comme la sardine, le maquereau, le hareng, le flétan ralentirait la perte de neurones producteurs de dopamine, l'un des symptômes de cette maladie dégénérative.Attention toutefois à la surconsommation d'omégas-6, qui pourraient constituer un terrain propice pour la maladie de Parkinson. Ces acides gras, présents dans les aliments riches en huiles végétales ( palme, tournesol, arachide) et en gras animaux, sont déjà soupçonnés d'induire des réponses inflammatoires dans le corps et de jouer un rôle dans bon nombre de maladies (cardiovasculaires, arthrite, Alzheimer). Dans un régime alimentaire équilibré, le rapport entre l'abondance des oméga-6 et des oméga-3 devrait être de 4 à 1. Dans les faits, l'alimentation occidentale contient de 10 à 20 fois plus d'oméga-6 que d'oméga-3.
Des boissons caféinées, pourquoi pas ?
- Les hommes et les femmes (sans prise d'hormones de remplacement à la ménopause ) qui consomment des boissons contenant de la caféine comme le café, le thé, les colas, le maté à raison de1 à 4 tasses par jour pourraient bénéficier d'un effet protecteur contre la maladie de Parkinson, selon des études de cohorte de grande envergure.
- L'EGCG (épigallocatéchine) présente dans le thé vert pourrait préserver les cellules cérébrales. La mort des cellules nerveuses qui se produit dans les maladies de Parkinson tout comme dans d'autres maladies neurodégénératives ne résulte pas seulement de lésions oxydatives mais de toute une série de réactions complexes impliquant l'inflammation, le déclin de la protection neurochimique, l'excès de fer ou une accumulation de protéines dangereuses, comme les bêta-amyloïdes. L'EGCG pourrait interrompre cette réaction en chaîne et représenter ainsi un agent préventif ou thérapeutique pour la maladie de Parkinson.
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