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Dans la maladie de Parkinson, un programme intensif de réhabilitation améliore la qualité du sommeil

Par le Dr Thierry Lelard (Université de Picardie Jules-Verne - Amiens) [Déclaration de liens d'intérêts]
Article commenté :
Multidisciplinary intensive rehabilitation treatment improves sleep quality in Parkinson's disease.
Frazzitta G, Maestri R, Ferrazzoli D et al.
Parmi les symptômes non-moteurs les plus fréquemment évoqués dans la maladie de Parkinson, les troubles du sommeil ont une incidence importante sur la qualité de vie des patients et sur leurs activités de vie quotidienne.
Si les effets des traitements pharmacologiques habituels ne sont pas satisfaisants, peu d'études s'étaient alors penchées sur les effets de l'activité physique sur le sommeil des patients parkinsoniens.
Les insomnies, les troubles du sommeil paradoxal, la somnolence diurne, le syndrome de jambes sans repos et l'apnée du sommeil sont autant de troubles rapportés par les patients parkinsoniens. Ces troubles du sommeil seraient induits par le traitement dopaminergique, expliquant le peu d'efficacité des traitements pharmacologiques sur la qualité du sommeil.
Dans ce travail, les auteurs ont cherché à évaluer les effets d'un programme intensif de réhabilitation sur les troubles du sommeil des patients parkinsoniens et la qualité de vie.
Dans cette étude rétrospective, 138 patients (âge moyen = 68,1 ans ; score de Hoehn et Yahr compris entre 2 et 3) ont été répartis dans 2 groupes. Le premier groupe a effectué un programme de réhabilitation intensive de 28 jours (n=89) tandis que le second groupe n'a pas suivi de programme de réhabilitation (n=49).
Les patients impliqués dans le programme de réhabilitation intense participaient quotidiennement à 3 séances d'une heure incluant des activités permettant de travailler la mobilité, l'équilibre, la marche et de l'ergothérapie. Ce programme étant réalisé cinq fois par semaine pendant 4 semaines.
Les patients ont été évalués en pré et post-test par l’échelle UPDRS évaluant les aspects moteurs (UPDRS III) et pour les activités de vie quotidienne (UPDRS II). Les troubles du sommeil ont été évalués par le Parkinson Disease Sleep Scale (PDSS).
L'ensemble de ces scores étaient équivalents aux deux groupes de patients au moment du recrutement. Par contre, seul le groupe ayant suivi le programme de réhabilitation a vu ses scores UPDRS et PDSS s'améliorer.
L'échelle PDSS recense la plupart des troubles reportés par les patients (15 items regroupés en 6 catégories) et démontre que la pratique d'une activité intensive permet d'améliorer plusieurs items correspondant à la qualité du sommeil, les symptômes moteurs nocturnes et la somnolence diurne.
L'amélioration de l'item qualité du sommeil est associée à une amélioration du score UPDRS total, du score UPDRS II et de la performance au test de marche de 6 minutes.
Ainsi, les auteurs concluent sur les effets bénéfiques d'un programme d'activités sur le sommeil en plus de son impact sur les activités de vie quotidienne des patients.
Date de publication : 18 Mars 2016

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