LE TRAITEMENT
Les traitements médicamenteux ne peuvent être utilisés qu’après la réalisation du bilan urodynamique. Préalablement à toute prise en charge, il faut traiter une éventuelle infection urinaire et traiter le fonctionnement intestinal. Ce fonctionnement est particulièrement important car il conditionne beaucoup d’autres choses au niveau du corps humain et, en particulier, l’amélioration du fonctionnement intestinal peut améliorer le fonctionnement vésical par le biais d’une meilleure utilisation énergique. Il faut corriger l’alimentation en recherchant les aliments source d’intolérance et de difficulté digestive : en particulier le lait et les laitages, à l’exception du fromage, car le lactose est difficile à digérer chez l’adulte, les sucres rapides entraînant souvent des phénomènes de diarrhée. Il faut favoriser la consommation de fruits et légumes frais, crus et cuits, associés aux protéines, en particulier le soir, chez le patient ayant des fluctuations. La consommation de glucides lents doit être relativement limitée, car source de dysmicrobisme et de fermentation intestinale produisant un excès de production de gaz et donc des ballonnements. L’utilisation de probiotiques et de compléments alimentaires est recommandée dans la maladie de Parkinson comme dans toutes les maladies chroniques : ferments lactiques, composés anti-oxydants, acides gras essentiels.
- En cas de vessie hyperactive (mictions impérieuses, pollakiurie (fréquence anormalement élevée de mictions peu importantes), le traitement antiparkinsonien lui-même peut améliorer, grâce à l’action de la dopamine et des agonistes dopaminergiques, l’hyperactivité vésicale et diminuer les mictions impérieuses et la pollakiurie. Il s’agit de la dopa et des autres agonistes dopaminergistes (Parlodel, Dopergine, Requip, Trivastal). Au cours d’une réunion avec le groupement des parkinsoniens d’Ile-de-France, un membre a signalé l’utilisation avec succès de l’Uteplex sur les troubles urinaires.
- En cas de pollakiurie nocturne, l’utilisation de dopa ou d’agoniste à libération prolongée peut être très utile.
- En cas de troubles survenant spécifiquement lors des blocages (mictions impérieuses avec impossibilité de déclencher la miction), l’apomorphine ou le Modopar dispersible sont utiles.
- En cas d’incontinence nocturne, on pourra utiliser le Minirin qui réduit la diurèse nocturne. Il faut prendre ce médicament au moment du coucher et s’abstenir de toute ingestion de liquide ensuite.
Le traitement des vessies hypoactives est plus difficile et, en l’absence de complication, il vaut mieux s’abstenir de traitement médicamenteux. Les anticholinestérasiques (Mitélase) peuvent être essayés, mais leur efficacité est modeste. La pratique de sondages intermittents par le patient lui-même, ou par un tiers, peut être éventuellement proposée si la vessie se vide mal, mais il faudra parfois se résoudre à la mise en place d’une sonde à demeure.
Dans certains cas, si les les pressions urétrales sont élevées, on pourra utiliser des alphabloquants, en particulier chez les hommes où cela peut améliorer un dysfonctionnement lié à un adénome de la prostate qui devra être systématiquement recherché. Un traitement médicamenteux à base d’alphabloquants ou d’autres substances (Tadénan, Permixon…) peut être utilisé. En cas de gros adénome, et avant une intervention chirurgicale, s’il persiste un doute sur la responsabilité de la maladie de Parkinson dans la genèse des troubles urinaires, une prothèse endo-urétrale pourra être installée, afin de déterminer si l’adénome de prostate est bien responsable des troubles. Cette prothèse peut éventuellement laissée en place, ou elle peut être retirée lors de la résection chirurgicale de l’adénome.
En cas d’incontinence urinaire d’effort liée à une descente de vessie, la rééducation périnéale pourra être utilisée de façon classique, éventuellement une intervention chirurgicale pourra être indiquée et de nouvelles techniques chirurgicales (bandelettes TVT) sont d’utilisation de plus en plus courante et moins lourde que les techniques classiques.
CONCLUSION
Les troubles vésico-sphinctériens dans la maladie de Parkinson sont de plus en plus fréquents au cours de l’évolution de la maladie et doivent bénéficier d’une prise en charge spécifique et individuelle. Des mesures simples permettent de venir en aide à la majorité des patients.
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